03 avril 2025

L'euro numérique contre les distributeurs de billets ?


 

Parfois, dans la presse, on tombe sur des dépêches en rapport avec notre travail ce qui m’est arrivé hier avec ceci : « La fin des distributeurs ? Voici ce qui va les remplacer. D’ici fin 2025, les DAB traditionnels disparaîtront en France, laissant place à des automates modernes. »

On le verra mais l’article prend l’euro numérique comme prétexte à cette évolution et je vais expliquer ce que c’est dans la deuxième moitié de ce billet.

A noter que la dépêche n’est pas anodine : elle a été reprise, hier, par MSN et a donc pu être vu par des milliers ou beaucoup plus de personnes qui consultent les actualités à partir de leurs PC. Dans l’actualité, on parle beaucoup de Marine Le Pen mais je me demande si la montée des « partis populistes » n’est pas surtout due aux âneries véhiculées par la presse pour obtenir des clics !

Disons-le d’emblée : non, les distributeurs de billets (même traditionnels) ne vont pas disparaitre dans les prochaines années. 43% des paiements sont encore effectués en liquide (contre un peu plus de 50% par cartes et mobiles). Il est vrai que ce taux a diminué d’environ 20 points en un peu moins de dix ans mais le monde change, n’est-ce pas ? Le paiement sans contact (et par téléphone) est apparu et s’est développé et le Covid est passé par là, nous empêchant d’échanger nos microbes par billets interposés.

En outre, le pays qui avait le plus promu la disparition des espèces, la Suède, a fait un majestueux retour en arrière.

 


Alors, revenons sur l’article que je citais. Phrase par phrase ou presque…

« La France va bientôt vivre un sacré bouleversement dans le secteur bancaire, en lien avec l’euro numérique. » Je vais donc parler de ce matin plus tard dans mon papier. Toujours est-il que la fin des travaux préparatoires aura lieu en octobre 2025 (et non pas le lancement, contrairement à ce qu’ont prétendu certains journaux, forçant Christine Lagarde à faire un démenti). On n’est pas prêts de voir ça « dans nos poches » et ça ne fera pas un bouleversement dans les banques avant plusieurs dizaines d’années.

« En effet, d’ici fin 2025, les distributeurs automatiques de billets (DAB) classiques vont disparaître. » C’est globalement totalement faux ! Je ne sais pas ce qu’est un DAB classique mais les fonctions offertes par ces valeureuses machines n’ont pas beaucoup changé depuis 50 ans même si les progrès technologiques sont là, comme les écrans tactiles mais aussi des scanners qui permettent de mieux analyser les billets déposés par les clients dans les machines. Et si « on » dépense des sous avec ces scanners (et toutes les couches de logiciels qui vont avec, c’est bien parce qu’on a toujours des gens – essentiellement des commerçants – qui vont déposer des billets dans nos machines. On est donc loin de l’arrêt !

« Cette transformation s’inscrit dans un vaste programme de modernisation initié par plusieurs grandes banques françaises, baptisé « cash services ». » Tout d’abord, il s’agit de quatre banques françaises qui ont créé une filiale pour la gestion de leurs machines. Et quand des banques créent une filiale, ce n’est pas pour moderniser mais pour économiser, je pense. Notamment, l’effet de masse permet de tirer les prix auprès des fournisseurs qu’ils soient ceux des machines mais aussi, et surtout, des sociétés qui interviennent sur les automates pour les maintenir en service, notamment en les approvisionnant en espèces.

« L’idée, c’est de revoir la façon d’accéder à l’argent liquide tout en tenant compte de la révolution numérique et de la raréfaction des agences dans certaines zones. » C’est une belle phrase sans doute pondue par des professionnels de la communication mais il faudrait la remettre dans l’ordre : c’est la disparition des distributeurs dans les petites communes qui obligent à revoir la façon d’accéder aux espèces. Tels que sont écrits ces mots, on a l’impression que « Cash Services » nous propose des services pour remplacer les agences supprimées en oubliant de dire que ce sont ses actionnaires qui les font fermer.

 


A noter que je manie l’ironie pour contrer ce qui est visiblement issu d’un communiqué de presse mais que je ne porte aucun jugement de fond. Par exemple, à l’heure où le nombre de transaction faites par internet au détriment de celles faites au guichet (la fameuse « transformation numérique » mise à toutes les sauces), il est logique que le nombre d’agences baisse poussant ainsi à la suppression de GAB…

Mais continuons. Je sens que je vais finir par être exhaustif pour toutes les affirmations de l’article.

 

« Le plan « cash services » a été pensé pour répondre aux nouvelles attentes des usagers et aux progrès technologiques. » Je me demande bien quelles sont les nouvelles attentes des usagers quand ils ont besoin de fraiche et en quoi les progrès technologiques pourraient changer le fonctionnement visible des machines.

« Les futurs automates ne se contenteront pas de distribuer des espèces : ils pourront aussi accepter des dépôts de chèques et d’espèces (ce qui évitera aux clients de se déplacer en agence). » J’ai commencé à travailler dans le domaine en 1987 et « mes » machines faisaient déjà des dépôts de chèques et d’espèces. Certes, les technologies ont changé avec les scanners dont je parlais mais ce qui évitera aux clients de se déplacer en agence est surtout la disparition des agences…

« En plus, ils permettront de retirer de l’argent dans de nouveaux points de retrait gratuits, sans frais en dehors du réseau bancaire habituel. » Actuellement, il est d’usage de facturer aux clients les retraits qu’ils font dans d’autres banques (souvent avec trois gratuits, par exemple). Là, les clients des quatre banques feront des retraits gratuits dans les GAB de la filiale commune à ces quatre banques. C’est tout. Et n’oublions pas que les retraits étaient totalement gratuits il y a quelques années.

« Ce dispositif représente une vraie avancée pour ceux qui souhaitent plus de souplesse dans leurs opérations bancaires. » Il faut préciser l’avancée pour en minimiser le périmètre. Les clients d’une des quatre banques dont des agences vont fermer pourront retirer des sous si un distributeur de la filiale est présente dans le coin et ils pourront y déposer des espèces (ce qui est tout de même destiné aux commerçants). A part ça, la souplesse… et la VRAIE avancée… je cherche.

 


Allez ! Offrons-nous des paragraphes complémentaires mais en accéléré. Tout d’abord, ils évoquent le nombre de machines sans préciser la cible (le nombre à l’issue des transformation) et surtout sans la comparer à la situation actuelle. Aussi bien (et je n’en sais rien), il sera divisé par plus de deux.

« L’un des grands objectifs du programme « cash services » est de combattre la désertification bancaire, surtout dans les zones rurales. » Il ne s’agit pas combattre la désertification mais de l’accompagner. « Les nouveaux automates seront capables de gérer entre 2 500 et 3 000 retraits mensuels. » Certaines machines font déjà plus de 10 000, voire de 14 000 retraits par mois. « La disparition progressive des anciens DAB est donc accompagnée d’une solution moderne et accessible, adaptée aux réalités démographiques actuelles. » J’ai l’impression de me répéter mais les anciens GAB ne disparaissent pas (ceux qui permettent le dépôt, par contre, sont en croissance) et les réalités démographies n’ont pas grand-chose à voir dans cette histoire : ce sont les réalités économiques qui obligent les banques à fermer des agences, ce qui est permis par le progrès technologique (cela étant, je faisais déjà mes comptes en ligne, en 1984, avec un Minitel).

 

Heureusement, la phrase suivante est parfaitement exacte et vient presque démentir tout le reste : « Plusieurs éléments expliquent ce virage : la montée en puissance du numérique, la nécessité de moderniser les installations bancaires et la volonté de mutualiser les services pour diminuer les coûts tout en préservant un niveau de qualité stable. »

La suite n’est que redite sauf un point : « L’avenir des banques penche nettement vers le numérique, ce qui devrait favoriser la concurrence entre établissements. »

Je me répète à mon tour : je ne porte aucun jugement de valeur sauf sur la communication. Je suis moi-même acteur de ce pataquès et je n’utilise presque plus d’espèces.

Ce qui m’a fait bondir, c’est surtout la phrase de l’introduction qui évoque l’euro numérique.

 


Vulgarisons l’euro numérique !

 

C’est une notion un peu abstraite qui est encore un peu difficile à se mettre dans le crâne. Restons calme !

Actuellement, il y a deux types de monnaie (hors crypo, bien sûr) : les monnaies des banques centrales et celles des banques commerciales. Pour vous et moi, les premières sont les pièces et les billets et les secondes sont sur vos comptes bancaires, gérées par des moyens de paiement (cartes, virements.

L’euro numérique sera une monnaie de banque centrale, donc gérée par la Banque Centrale Européenne (et ses partenaires). Elle sera stockée dans des « wallets » ou « portefeuilles » ou « porte-monnaie » électroniques. Elle sera utilisable soit pour des paiements par internet soit pour des paiement de proximité.

Les paiements et autres opérations ne seront pas gérées par les banques et les opérations ne seront pas traçables, elles seront anonymes.

Nos banques interviendront uniquement quand nous voudrons charger nos wallets avec des euros ou, au contraire, quand nous voudrons les décharger. Respectivement comme des dépôts et des retraits.

 


Fonctionnellement, pour les usagers, les opérations seront comme celles avec des espèces mais, dans la pratique, on ne verra pas de différence par rapport à nos paiements par carte ou par internet. Sauf que les opérations ne passeront pas les comptes bancaires. Vous pourrez dépenser du pognon au bistro sans que le banquier ouvre de grands yeux quand vous demanderez un crédit !

Certains ne croient pas la transparence dont je parlais (traçabilité, anonymat). Ils ont tort. Cela étant, n’ayant pas d’argument précis à exposer, je vais laisser la BDC défendre son bifteck !

 

A quoi ça sert ?

 

Revenons à la création de l’euro, aux années qui ont suivi, à la mise en place du SEPA (le paiement entre pays européen). La BCE nous a fourni des pièces et des billets et les cartes bancaires (utilisables aussi par Internet) ont permis de payer d’un pays à l’autre. Ainsi, les premiers temps ont été consacré au développement d’autres moyens de paiement, jusqu’alors utilisables uniquement dans les pays (on pense évidemment aux chèques mais ce n’est qu’anecdotique). Les banques ont donc développer le système de prélèvement et de virement (on connaissait déjà mais le faire entre pays différents n’a pas été simple).

D’autres évolutions ont été faites, notamment, il y a quelques années le paiement instantané (que l’on confond parfois avec le virement instantané). Plus récemment, on a vu Wero qui remplace, en France, Paylib (tout en permettant d’autre fonctionnalités comme le paiement de proximité ou par internet mais reste encore confidentiel pour ces fonctions).

Mais les cartes bancaires n’ont pas changé ! Et pour payer d’un pays à l’autre, il faut passer par Visa et Mastercard, à savoir des sociétés privées américaines. Les banques ont toujours échoué à trouver entre elles de nouveaux systèmes et la BCE (et autres instances) n’ont pas pu les obliger à le faire dans la mesure où elles offraient déjà le service. Tout cela aurait pu se faire via « EPI (European Payment Initiative) » mais j’en entends parler depuis tellement de temps que je ne sais pas où ils en sont…

En outre, en France, on a le système « CB » qui permet à nos banques de s’affranchir de Visa et Mastercard mais l’équivalent n’est pas disponible dans tous les pays ce qui fait que Visa et Mastercard couvrent 70% des paiements par carte en Europe

 


Il reste notre euro électronique, on a un moyen électronique de faire des paiements « transfrontaliers » sans passer par Visa et Mastercard (ni les banques d’ailleurs, ce qui fait que je ne suis pas persuadé qu’elles encouragent le système, quoi qu’en dise la dépêche dont je parlais au début) voire au sein des pays sans acteur national comme nous.

L’euro numérique est donc un moyen de conserver notre « souveraineté financière » d’une part et notre indépendance par rapport aux banques commerciales, d’autre part, pour accompagner cette baisse annoncée des espèces…

Les banques commerciales en question (même si les françaises sont bien plus ouvertes que les autres) n’avaient qu’à jouer le jeu, bordel !

 

Et la phrase que je critiquais en début de billet (« La France va bientôt vivre un sacré bouleversement dans le secteur bancaire, en lien avec l’euro numérique. ») prend alors tout son sens.

Ca méritait bien quelques explications, non ?


Vous étiez perturbés par l'inéligibilité de Marine Le Pen. C'est peut-être aussi bien, non ? Il ne suffit pas de pester sur les ondes pour donner une orientation à la France...

01 avril 2025

Mélenchon en campagne pour Le Pen ?

 


Suite à la condamnation de Marine Le Pen, comme je le disais hier, les réactions, à droite, ne sont pas vraiment surprenante, critiquant la justice, la soupçonnant d’être aux ordres, composée d’un ramassis de gauchistes und so weiter… Pourtant, les gars, vous deviez peut-être respecter un peu plus la République. Au fond, vous êtes nombreux à vous « revendiquer de de Gaulle » mais on l’imagine assez mal tricher avec le pognon commun. Les faits sont que vous avez votez des lois, vous ne les avez pas respectées et vous vous êtes fait baiser. Parmi les quasi-condamnés, à droite, on trouve trois imminentes personnalités telle que Marine Le Pen, bien sûr, éminente participante à des seconds tours de la présidentielle, Nicolas Sarkozy, ancien président élu par tricherie presque avérée (et inutile vu qu’il était opposé à une quiche) et François Fillon que vous voyiez président mais qui s’est fait offrir des costumes.

Les trois ont voulu profiter d’avantages financiers pour leurs carrières politiques et ont été rattrapés ! Marine Le Pen est maintenant inéligible alors qu’elle a eu une mauvaise défense et qu’elle n’avait pas arrêté d’appeler à la probabilité des politiciens (jusqu’à déclarer que les personnes avec un casier judiciaire un peu garni ne devaient pas pouvoir être élues). C’est un juste retour des choses.

Bien sûr, comme je le disais hier, ce n’est pas sûr que le Rassemblement National pâtisse de tout cela. Au fond, on se demande si Emmanuel Macron n’aurait pas « intérêt » à accorder la grâce présidentielle (à l’issue de l’appel, tout de même) à la dame de manière à ce que ces andouilles puis arrêter de crier au martyr et que l’on puisse enterrer l’argument de « la justice aux ordres »…

 

Evidemment, déclamer ce que je pense être la vérité ne changera pas grand-chose. Le grand public est déjà excédé par « l’établissement » et, au fond, nos coreligionnaires aiment bien les malfrats.

Je me demande comment les historiens du futur jugeront cette période mais je pense bien avoir l’honneur sauf ! Ce qui ne devrait pas être le cas de Jean-Luc Mélenchon, le pauvre, qui pourrait bien passer sa fin de vie au cabanon plutôt qu’à l’Elysée ou l’Ehpad. Ou alors dans les geôles de la sixième (au moins !) République pour trahison.

 

Hier, suite à la condamnation de la dame, LFI a fait un communiqué de presse. Je n’ai rien à y redire à part sur une phrase : « même si nous refusons par principe que le recours soit impossible pour un justiciable quel qu’il soit. » Les recours sont possibles et la peine d’inéligibilité sera cassé si la cours d’appel revient sur le verdict initial. Par contre, il logique qu’un candidat condamné en première instance à l’inéligibilité ne puisse pas se présenter à de nouvelles élections, au moins pour qu’il ne bénéficie pas de l’immunité. Il pourra toujours se présenter ultérieurement !

Restons calme et arrêtons les déclarations « par principe » quand elles sont mensongères.

 


Venons-en à Méluche. Tout en partageant se communiqué et sans se préoccuper d’éventuelles contradictions, il a écrit : « Je m'associe pleinement à la déclaration de la coordination du mouvement insoumis. Et j'ajoute : la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple. C'est à cela que servirait le référendum révocatoire dans une 6e République démocratique. »

Le mensonge est tellement gros qu’on a du mal à y croire : Marine Le Pen n’est pas destituée. Elle conserve son mandat de député et le gardera jusqu’à la fin de la législature (fin qui pourrait être anticipée en cas de nouvelle dissolution). C’est tout de même très fort même si c’est un détail dans l’histoire…

Ensuite, il indique clairement que la justice devrait être rendue par le peuple et pas par les tribunaux. Vous imaginez si à l’issue du procès de Jean-Marc Dutroux, on avait dit « bon ben maintenant on va demander aux citoyens qui ne connaissent pas le dossier et la loi de se prononcer dans les urnes » ?

Par ailleurs, il nous fait le coup de la sixième République, celle qui sera établie par une assemblée de gens tirée au sort et dont on ne connait pas le contenu tout en se basant sur un des textes qui devrait y figurer… Ce n’est pas un question de numéro de Constitution mais de respect de l’Etat de droit, de séparation des pouvoirs (même si quelques énergumènes pensent que certains sont aux ordres) et de principes divers.

Sans compter qu’à chaque élection « mineure » ou presque, les électeurs se prononcent contre le pouvoir en place et non pas en fonction de la question posée. C’est le cas pour les referendums, les élections départementales, régionales et européennes. Ne pas admettre cela est bien est déni de démocratie.

 

Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon regrette explicitement sans le dire (ce qui est fort) la décision prise par les tribunaux et donne ainsi à raison à Marine Le Pen et donc à tous ses partisans de droite. Il est dans une situation pas très lointaine, ayant quelques vagues casseroles similaires (sans être mis en examen) et cherche peut-être à se faire bien voir.

Sans compter que s’il a des chances d’être élu, c’est uniquement s’il est opposé à Marine Le Pen au second tour. Ce que je souhaite, pour ma part, d’ailleurs, c’est un candidat de gauche ayant une chance de figurer au second tour en passant le premier avec les voix des électeurs et Méluche est très loin d’y arriver, après ses quelques échecs et ses plus ou moins récentes interventions contre les valeurs de la République. Quelle que soit son numéro.

Sans compter le fait qu’il tente sans doute de se faire bien voir des électeurs qui cherchent surtout un « candidat antisystème ».

Ce n’est pas très joli.

 

Je vais finir par mépriser totalement les zozos de la gauche radicale qui nous expliquent qu’on fait le jeu de l’extrême droite dès qu’on exprime une position différente de la leur.

Jean-Luc Mélenchon vient encore de faire une « fausse route » et j’engage le PS, le PCF et EELV (voire LFI) à se détourner totalement de lui.

31 mars 2025

Le pêne de la peine de Le Pen

 


Marine Le Pen viennent d’être condamnée « à quatre ans de prison dont deux fermes aménagées sous forme de détention électronique à domicile, à une amende de 100 000 euros, ainsi qu’à une peine d’inéligibilité de cinq ans assortie d’une exécution provisoire. » Les dépêches se suivent et on ne peut pas tout suivre.

Admettons qu’elle fasse appel, elle n’aura pas à purger sa peine avant le prochain procès sauf qu’elle sera inéligible jusqu’au jugement définitif. Ne nous projetons pas encore la présidentielle de 2027 mais si Emmanuel Macron dissout l’Assemblée à nouveau (ce qu’il ne peut pas faire avant l’été) et si le nouveau jugement n’est pas fait, Marine Le Pen ne pourra se présenter à la prochaine législative.

Il n’y a pas que les dépêches qui se suivent, il y a aussi les avis des uns et des autres, certains se réjouissant, les autres dénonçant une décision inique…

 

Pour ma part, j’ai bien du mal à me fixer une opinion sur cette histoire, partagé, entre, d’un côté, le bonheur d’assister au déboire des adversaires politiques et la victoire de la justice et, de l’autre, l’assurance que le camp du bien a encore perdu des points, que les électeurs vont considérer Marine Le Pen comme un martyr, victime d’une justice « aux ordres » et j’en passe.

En d’autres termes, je ne vais ni bouder mon plaisir ni reprendre espoir pour l’avenir…

Je ne vais pas revenir sur les positions énoncées par les milliards d’andouilles autorisées. Je pense que la justice (jusqu’à l’appel, du moins) a confirmé qu’il y avait bien détournement de fonds ce qui a permis d’apporter des moyens à la formation politique qui a pu en profiter pour améliorer sa perception auprès des votants.

Je pense aussi que si Marine Le Pen est inéligible en 2027, le candidat du parti sera Jordan Bardella et qu’il aura un argument de plus dans sa sacoche (« l’ennemi tente tout pour nous éliminer et garder un pouvoir dont ils n’ont profité que pour leur bien patati patata »), même s’il n’a pas la popularité de son mentor. L’ironie du sort est que la sentence est prononcée le lendemain d’un sondage qui donne Marine Le Pen a plus de 30% au premier tour de cette présidentielle

En outre, Marine Le Pen, dans son rôle de martyr va pouvoir pilonner la République, voter des censures et foutre un bordel monstre…

 

En revanche, elle peut aussi vouloir calmer le jeu, soutenir – par défaut – le gouvernement pour ôter à Emmanuel Macron l’envie de dissoudre et donc de conserver son poste de députée et profiter de la tribune qui lui ai offerte en tant que chef de parti. Le RN peut aussi changer immédiatement de stratégie pour prendre acte de l’impossibilité de Mme Le Pen d’être candidate en 2027 (on verra l’appel plus tard…) et ne faire que semblant de suivre sa cheffe historique (au fond, ils pourraient être nombreux à perdre des postes en cas de dissolution).

Je vous présente donc mes excuses : je ne vais jouer aux spéculations…

 

La seule chose qui m’intéresse est ce que devrait faire la gauche pour en tirer les conséquences. Mis je suis fatigué : quoi qu’on en dise, on va nous dire « vous faites le jeu du RN ».

Comme si l’élimination de Le Pen ne le faisait pas plus que nous…


En plus, le titre de ce billet de blog ne veut rien dire.

27 mars 2025

Euphémisons l'antisémitisme de notre gentille gauche radicale !

 


Les militants insoumis sont évidemment sincères et certains se désolent s’ils reçoivent, en plus des critiques habituelles, des procès en antisémitisme, notamment pour ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon. Ils évoquent des manipulations, notamment de la part de médias aux ordres ou des trucs comme ça. Un copain disait même qu’on réservait à Méluche le même sort que celui adressé à Jeremy Corbin, outre-manche.

Pourtant, ces soupçons d’antisémitisme (et certains de ma « famille politique » aiment à apporter des preuves) ne sont presque qu’annexes. Je peux penser que certains insoumis ont « des tendances » mais pas du tout le chef suprême et ses adjoints. En revanche, la connivence est certaine. Méluche a merdé avec l’histoire d’Hanouna mais il a surtout supporté les déviances de quelques-uns de ses sbires. Parfois, il faut faire le ménage.

C’est ce qui a été fait avec Corbyn qui a fini par être viré de son parti.

Le parallèle entre les deux hommes est facile à faire. Voila ce qu’on peut lire dans l’introduction de la page Wikipedia de l’ancien leader de la gauche rosbif, outre le fait qu’il a incarné l’aile gauche du Labour (mais, lui, a fini par en prendre la tête sans avoir à créer son propre parti). « Il est critiqué […] pour sa gestion des cas d'antisémitisme au sein du Labour ainsi que pour des propos controversés concernant le Hamas et le Hezbollah. »

 


Loin de moi l’idée de faire une recherche encyclopédique sur le bonhomme. Au fond, tout peut être des manipulations, hein !, et je ne peux prétendre faire mieux le job que des historiens, des journalistes ou des clients de bistro. Il n’empêche que la lecture de sa page sur cet illustre site, notamment la section « accusations d’antisémitisme – des relations critiquées » montre comment il en est arrivé là ! Vous pouvez lire la suite et vous verrez que notre Jéjé du Royaume Uni a surtout été critiqué pour avoir laissé monter l’antisémitisme dans son parti.

Le moins qu’on puisse dire est qu’il a présenté des excuses un peu tardivement… Et il est largement soupçonné de ne pas avoir une affection particulière pour le peuple élu (et les euphémisme).

 

Quel méchant parallèle…

 


Le plus amusant est que les reproches faits à LFI viennent, au fond, de lui, quand il a été invité à des meetings de candidats de la gauche radicale pour les législative de 2017. Ensuite, on l’a un peu oublié mais c’est tout de même une partie de la gauche radicale, LDI et EELV en premier mais le PCF pas loin derrière, qui a fauté ce qui a beaucoup fait parler, lors de l’invitation de Médine à des université d’été, ce lascar qui a dit des méchancetés sur les juifs. Il y a eu, ensuite, le comportement un peu louche de quelques seconds ou troisièmes couteaux qui ont dit des conneries comme Aymeric Caron qui a parfois preuve d’assez peu de retenue dans son combat pour la défense des Palestiniens…

Et je ne parle pas de Rima Hassan qui, au fond, est surtout connue parce que des gens « de mon camp » parlent d’elles mais dont je me fous un peu…

 


Cela nous amène à la Palestine. LFI, Jean-Luc Mélenchon en tête, a bien merdé lors des attentats sur 7 octobre (à la longue, on va finir par oublier l’année). Il était tout de même facile de qualifier les malfaisants de terroristes. Il n’est en effet pas interdit de penser que les belligérants hamassés sans mousse aient commis un « Ensemble d'actes de violence (attentats, prises d'otages, torture, etc.) commis par une organisation ou un groupe d'individus, agissant pour son propre compte ou pour celui d'un État, en vue de créer un climat d'insécurité, d'exercer un chantage sur un gouvernement ou une organisation internationale, afin de satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système. »

C’est du terrorisme. Point barre. Ce n’est pas négociable. Pourtant, la seule chose que fait LFI est parler de génocide au sujet des actes de l’armée israélienne. Pourtant, il y a débat, cette fois, sur le fait qu’Israël fasse un « Crime contre l'humanité tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l'intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d'existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d'enfants qui visent à un tel but. » Il y a débat, disais-je, mais ce n’est pas le sujet de mon billet. Je vais pourtant faire l’avocat du diable : l’intention de l’extrême-droite israélienne n’est pas d’éradiquer la population arabe. Peut-être un rêve ? Nous n’irons pas jusque-là.

Après, pour en finir – ou presque – avec la Palestine, LFI en fait tout simplement trop. Prenez, la manif pour les droits des femmes : il y avait des drapeaux palestiniens un peu partout. Or, je me demande si certains palestiniens ne sont pas un peu antisémites. Cela nous amène ensuite à la confusion qu’on nous reproche et que l’on fait entre antisémitisme et antisionisme qui est l’« hostilité à l'existence ou à l'extension de l'État d'Israël ». Les braves gens qui disent « qu’ils ont antisionistes et pas antisémites, vous  vous rendez-compte, mon bon monsieur, c’est pas pareil » ne se rendent pas compte qu’ils prétendent qu’ils sont hostiles à l’existence de l’Etat d’Israël. Le plus drôle, parce qu’il faut bien rire, est qu’ils « exigent » une solution à deux états…

Ne jouons pas trop sur les mots ! Les antisionistes sont opposés à l’existence d’un Etat juif et faire une relation avec une certaine dose d’antisémitisme n’est pas franchement une grosse aberration.

 


Rassurez-vous, néanmoins, brave gens ! Cette supposée proximité avec ce supposé antisémitisme n’est pas tout ce que l’on reproche à LFI. En outre, « nous » sommes tout aussi outrés que « vous » de voir Le Pen et Bardella reçu en grande pompe, certes funèbres, en Israël. Nous n’avons pas oublié par qui a été créé l’ancêtre du RN… Et tant qu'à faire, soyez gentil, arrêtez de dire que l'on fait un amalgame entre LFI et le RN. Ce dernier s'est dédiaboliser, cessez donc de vous diaboliser...


Ensuite, il y a d’une manière général la défense d’une religion, l’islam, ce qui ne devrait pas être dans les valeurs de gauche, et la confusion entre cette religion et nos copains issus de l’immigration, ce qui n’est pas franchement de gauche non plus.

On pourrait citer les rapports à la police, les propos sur ce pauvre Poutine envahi par l’Ukraine et j’en passe mais on pourrait aussi par chroniquer des manipulations de méchants… ce qui m’obligerait à sortir encore plein d’euphémismes pour ne fâcher personne ! Il y a aussi la défense de tout plein de minorités ce qui rend les majorités - les sans-dent, par exemple - un tantinet orpheline de soutien.

 

Toujours est-il que toutes ces histoires font ressortir une assez mauvaise sensation au sujet de la gauche, celle que nous partageons tous, en nous envoyons des noms d’oiseaux car nous sommes irréconciliables.

Et on peut aussi ne pas être d’accord avec le programme. On peut le juger non applicable ou autre mais il a surtout fait la preuve que les électeurs n’en veulent pas. Et si vous ne comprenez pas ça, admettez au moins que nous ne voulons que nous vous entrainions dans votre débâcle.

Encore merci.

 

 

 

26 mars 2025

Retailleau, Retailleau, Retailleau... Ferme ta gueule, répondit l'écho !


 

J’ai commencé à m’intéresser à Bruno Retailleau quand il était président du Conseil régionale des Pays de la Loire avec une opinion favorable car il défendait un sujet qui m’étais cher (l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes). Je l’avais « perdu de vue » pendant quelques années (on ne peut pas s’intéresser à tout le monde, non plus…) jusqu’à ce qu’il débarque au ministère de l’Intérieur, en septembre !

Depuis, il me parait se comporter comme un ministre de l’Intérieur de droite : il semble dur à propos de l’immigration, de la sécurité, il gesticule, il profère des âneries… En fait, vous pouvez regarder ce qu’il a fait à ce poste depuis qu’il y est dans Wikipedia (on ne va pas se fatiguer à faire une vraie recherche…) : immigration, immigration, immigration… Annonces délirantes de nouvelles lois, délit de séjour irrégulier, réforme de l’Aide Médicale d’Etat, OQTF, OQTF, OQTF…

Mais ferme ta gueule, Retailleau !

 


Ca me fait de la peine. Une double peine, même, comme dirait l’autre, illustre prédécesseur, maintenant doté d’un joli bracelet électronique.

Une peine pour mes amis de cette droite, de l’ancien grand parti de la « droite gouvernementale », qui n’ont que ce pantin visiblement obsédé par les bougnoules qui fréquente nos villes et nos campagnes, pour servir d’homme providentiel pour guider la France… Indigne successeur du Général.

Une peine pour Laurent Wauquiez, non pas que j’apprécie de lascar, bien au contraire, mais je m’étais déjà mis dans la tête qu’il serait le prochain président des Républicains et son prochain candidat à la présidentielle, tout simplement parce que les autres femmes ou hommes forts de ce parti me semblent aux fraises. Me voila avec un référentiel neuf à m’inventer.

Un type obsédé par l’immigration.

Mais ferme ta gueule, Retailleau !


 

C’est à peu près ce que lui a répondu le président algérien ce qui, honte sur moi, m’a bien fait rigoler. Abdelmadjid Tebboune qu’il s’appelle. Je ne sais pas ce qu’il vaut, ce garçon ! Comme dirait l’autre (voir le premier paragraphe de ce billet) : on ne peut pas s’intéresser à tout le monde, non plus… Côté politique intérieure, il parait qu’il est assez proche d’un dictateur mais semble avoir une politique internationale beaucoup plus mesurée.

C’est d’ailleurs lui qui est à la manœuvre pour rabibocher nos deux pays. Mais il ne veut parler qu’à Emmanuel Macron et il a bien raison. Un ministre de l’Intérieur n’a pas à se mêler de la politique dans un autre patelin.

Mais ferme ta gueule, Retailleau !

 


Samedi, je crois, j’ai été favorablement marqué par un discours de Mathilde Panot (une fois n’est pas coutume) à propos des Algériens. Elle expliquait que c’était nos frères, qu’on en connaissait tous… C’est peut-être lié au fait qu’on soit de la même circonscription mais je dois bien reconnaitre que la plupart de mes potes, dans mon quartier de banlieue, sont Algériens (Kabyles, même) sont originaires du bled. Je ne suis pas en train de dire, à la Nadine Morano, « j’ai un ami Algérien » pour prouver que je ne suis pas raciste mais la vérité est bien que, hors relations professionnelles, les seuls types avec qui je papote au quotidien pendant une demi-heure ou une heure sont Algériens (ou, du moins, d’origine).

Vous me connaissez, je ne peux pas blairer ce qui touche à l’islam mais la vérité est là : les potes que je vois le plus sont musulmans. A des degrés divers… Sinon, on ne papoterait pas en buvant des demis au comptoir. D’ailleurs, on peut distinguer plusieurs catégories : il y a sans doute ceux qui ne viennent jamais au bistro, mais je ne les connais pas, ceux qui ne boivent jamais d’alcool, ceux qui ne viennent plus pendant le ramadan, ceux qui qui viennent pendant le ramadan mais ne boivent pas d’alcool pendant sa durée et ceux qui s’en foutent. Certes, ils sont Kabyles et pas Iraniens. Mais ce sont des potes. J’ai d’ailleurs très certainement plus de copains d’origine étrangère et de religion honnies que la plupart des insoumis qui, au fond, ne les défendent que par principe, pour lutter contre… contre qui, au fait ?

Aucun de ces potes ne défend l'islam politique et, qu'ils aient 30 ou 70 ans, ils défendent l'intégration, conchiant les signes extérieurs d'islamhospitalisation.

Toujours est-il que cela me fait de la peine de voir un ministre avec le vent en poupe les prendre en grippe en permanence, pas dérangé de déclencher une guerre et n’ayant pas vu que les accords de Vichy d’Evian n’étaient plus qu’une coquille vide, après des années d’évolution ! Les relations entre « nos peuples » sont ainsi et c’est aussi bien ! Ils vont au bled voir la famille à l’occasion et habitent en France, où ils travaillent…

Alors ferme ta gueule, Retailleau !

 

Y’aurait pas de l’écho, dans mon blog ?

25 mars 2025

Pas d'ippon pour le voile !

 


Ce qu’il y a de bien, avec les andouilles islamopithiennes, c’est que le blogueur n’a pas longtemps à chercher une idée de blog blog… En fait, les andouilles, voire les imbéciles, sont surtout ceux qui n’arrêtent pas de foutre ce fichu voile sur le tapis, qu’ils soient de la gauche radicale, de la gauche « républicaine et laïque », de la droite, de l’extrême droite ou des chiottes du bistro.

Ils font de ces gaffes, aussi ! Prenez LFI qui a réussi à donner à la manifestation pour la journée internationale des droits des femmes et j’ai oublié le reste l’image d’une manifestation du Hamas.

La semaine dernière, nous avions des types de droite qui ont voulu faire une loi pour interdire le voile dans le sport comme si on avait quelque chose à foutre qu’une pouffe aigrie participe au marathon en burqa. J’en avais parlé dans le blog : je suis contre cette loi. Que les fédérations sportives se démerdent pour respecter les principes de la République si elles veulent continuer à avoir une délégation de service public et les subventions qui vont avec… On ne peut pas légiférer pour tout. Gabriel Attal, quand il était encore ministre de l’Education avait bien eu raison de faire une circulaire au sujet du port du voile par les accompagnatrices scolaires, donnant ainsi un texte aux directeurs d’établissements sur lequel s’appuyer en rappelant cette histoire de délégation de service public, d’obligation de neutralité et tout ça.

Et pendant qu’ils font ça, ils ne sont pas au bistro.

Toujours est-il qu’on peut gérer le voile avec les lois qui existent et ça commence à bien faire d’imaginer des usines à gaz ! Tu imagines des gardes champêtres mettre en prison des gamins qui jouent au ballon prisonnier avec la kippa ?

 


Cette fois, c’est Teddy Riner qui s’y colle. Il ne fait pas partie des andouilles et des imbéciles dont je parlais, ce que je précise car il pourrait me casser la gueule. Mais il aurait pu s’abstenir. Remarque ! Ca me donne l’occasion de remettre une pièce dans la machine et de relancer une polémique débile dans Facebook…

Que dit notre champion musclé ?

« Le judoka Teddy Riner préfèrerait qu'on « pense plus égalité dans le sport » plutôt que de « s'acharner sur une seule et même religion » ». On peut commencer par lui renvoyer la balle : il n’y a qu’une seule religion qui nous broute les glaouis avec des tenues vestimentaires. Quant à l’égalité, il parle de celle entre les membres d’une équipe qui devraient toutes avoir le voile ou de celle entre les hommes et les femmes, les premiers ayant, c’est bien connu, beaucoup de contraintes vestimentaires imposés par des lectures de textes religieux…

« On perd notre temps, quand on voit dans le sport chez les voisins, dans d’autres cultures, tout se passe bien et ca n'emmerde personne. » Qu’on perde notre temps, je n’en doute, je suis d’ailleurs entre de perdre le mien à le dire et toi, si je puis me permettre, à le lire.

Chez nos voisins ? Il parle des pays où les femmes se battent pour ne pas être égorgées ou lapidées ou pendues si elles ne s’habillent pas comme le veulent leurs bonhommes ? Tout se passe bien dans d’autres cultures, qu’il dit… Je sais bien qu’il fait référence uniquement aux pays limitrophes mais il me semble, tout de même, qu’on a eu des polémiques, encore, à l’occasion des JO. Et que tous les pays n’ont pas des islamostrogothe qui poussent le bouchon jusqu’à faire attentats dans des moments d’égarement et à revendiquer sporadiquement une implantation politique voire une adaptation de loi à leurs exigences, un endoctrinement de nos blonds enfants et tout ça.

Restons calmes.

 

 

23 mars 2025

Luttons contre le fascisme, tiens !

 


Hier, se tenait la marche contre le racisme et « contre tous les fascismes ». Il parait qu’un peu plus de 90 000 personnes ont défilé. Ca a un côté dérisoire dans la mesure où l’on est loin d’autres rassemblement comme, en 2002, suite à l’accès au second de la présidentielle de Jean-Marie Le Pen. D’un autre côté, il y a plus de participants que l’an dernier. Ca me fait peur : aux élections suivantes, le rassemblement national avait battu tous ses records…

Il est évident que ces événements ne servent pas à grand-chose, même s’il n’y a pas de mal à se faire du bien en s’imaginant lutter efficacement contre l’hydre de mes deux. Pourtant, la menace est bien réelle tant on peut voir la montée de l’extrême-droite en France comme dans bien d’autres pays. Les propos et actions du « nouveau » président des Etats-Unis ne portent pas à un accès d’optimisme. Sans compter les médias qui sont de plus en plus noyautés par d’infâmes réactionnaire, n’est-ce pas ?

En revanche, Marine Le Pen et Jordan Bardella ne font évidemment pas très peur, sauf par le fait qu’ils pourraient ramener un ramassis d’incompétents, encore plus qu’eux, au pouvoir. On peut même dire que côté extrémisme, ce sont des bouffons au point que des fachos de notre enfance pourraient se retourner dans leurs tombes. Mais il a bien fallu mener la dédiabolisation pour monter dans les urnes et, une fois, au pouvoir, on ne sait pas ce qu’ils pourraient faire et comment des sales types avec une autre colonne vertébrale pourraient intervenir.

Ainsi, la menace est bien là ! Peut-être pas la menace d’un retour du fascisme, du moins pas encore, mais contre le droit des femmes, des minorités, contre l’environnement, des travailleurs et j’en passe. Surtout, ne jouons pas aux imbéciles et n’imitons pas nos aïeux qui pouvaient dire qu’ils ne savaient pas…

J’espère que, s’ils arrivent au pouvoir, il n’y aura aucun pogrom contre les gros pochetrons, au moins les blancs, et que la prostitution pourra être ouvertement autorisée.

 


N’allez pas croire que je fasse preuve de légèreté. Je n’en fais pas plus que ceux qui s’imaginent qu’organiser des manifestations aura le moindre impact. Par contre, nous en sommes à un point que le personnel politique est tellement nul, à droite, au centre ou à gauche, quelle que soit la partie de la gauche, que, finalement, les braves gens pourraient prendre l’arrivée du Rassemblement National au pouvoir avec une extrême légèreté en le considérant cet événement comme une simple énième péripétie au sein de l’histoire de la cinquième république.

Après la pluie, le beau temps, hein !

 


Pourtant, je ne suis pas sûr que les sympathiques personnes qui manifestent analysent bien les raisons de la montée de l’extrême-droite. J’en ai parlé plusieurs fois et je vais sans doute me répéter.

Néanmoins, avant cela, j’ai quelques idées qui me passent par la tête…

Tout d’abord, c’est une erreur d’avoir fait une « journée unique » mêlant deux thèmes : la lutte contre le racisme et celle contre « tous les fascismes ». Le racisme est quelque chose de concret et il est bien normal de montrer une solidarité avec nos amis des minorités raciales. On voit bien ce que c’est et, au fond, une majorité de Français adhèrent à cette cause. Lutter contre le fascisme est plus « lointain » et, comme je le disais les menaces souvent autre : interdiction de l’avortement, arrêt des mesures de protection de l’environnement, retour à un ordre moral catholique institutionnel et j’en passe. On ne sait pas trop, au fond.

Ensuite, on ne peut pas lutter contre le racisme si on n’est pas « propres sur soi ». L’antisémitisme dans une fraction de la gauche (celle qui est le plus visible…) n’est pas une invention. J’en parle dans ce blog depuis longtemps. Avant les précédentes législatives, on évoquait par exemple la venue de Corbyn dans des meetings de candidats LFI. On a eu, ensuite, les histoires de Médine dans les universités d’été des partis… L’affiche « Hanouna » est la dernière preuve, surtout avec les réactions de Jean-Luc Mélenchon qui a été en dessous de tout (les autres, comme Manuel Bompard et Mathilde Panot, ont été nuls mais tout de même pas au niveau du chef suprême. Des andouilles ont accusé l’IA mais Méluche a envoyé chier tout le monde).

Tant qu’on y est, un de piliers du fascisme est le culte du chef… Vous devriez virer le vieux, même s’il est brillant lors de certains discours.

 


Enfin, une des raisons de la montée de l’extrême-droite en France (et peut-être dans d’autres pays mais je ne connais pas pour l’affirmer) est la nullité des partis politiques traditionnels. Il est clair que les électeurs ne veulent plus des « deux grands partis traditionnels », le Parti Socialiste et Les Républicains. Ils ont vaguement essayé en dehors, la gauche radicale et le centrisme sans colonne mais ne vont pas tarder à aller voir ailleurs.

Ces anciens partis ne proposent plus rien. Je pourrais me foutre de la gueule de la droite, avec Retailleau qui vient de se faire envoyer bouler par le président algérien qui tente de calmer le jeu après les âneries de l’étoile montante de la droite. Mais mes préoccupations viennent plus de la gauche, notamment du Parti Socialiste, mon « camp », qui semble ne plus travailler. Il a par ailleurs été cannibalisé par La France Insoumise qui est incapable de se rendre compte que le projet qu’elle a soutenu déjà trois fois à des présidentielles n’est pas porteur, qu’elle ne prône plus que des réformes des retraites alors qu’on nous fait le coup depuis plus de cinquante ans et qui ne parait avoir comme seul objectif que de faire tomber le gouvernement sans se rendre compte que personne, en France, ne veut d’une majorité aussi bidon que l’actuelle qui serait menée par un représentants de l’un des leurs…

 


Il faut bosser ! Je ne doute pas que certains le font (je suis par exemple abonné aux publications des équipes de Bernard Cazeneuve sans, toutefois, m’y attacher réellement) mais tout cela est invisible, caché par des vociférations, des slogans pour défendre des causes qui n’emballent pas grand monde, le tout laissant voir que la gauche ne s’occupe plus que de quelques minorités.

Et plus du peuple.

C’est dommage.


Toutes les photos illustrant ce billet viennent de Google Image et ont, a priori, été prises lors des manifestations d'hier. Vous croyez vraiment que ça fait sérieux même si on ne peut pas remettre en cause les motivations des participants ?

22 mars 2025

Nos écolos en peau de lapin

 


Hier, c’était la journée mondiale contre les discriminations raciales sauf dans les états-majors des partis de la gauche radicale et dans les bistros asiatiques ou kabyle vers chez moi. Aujourd’hui, il y a la grande manifestation contre tous les racismes sauf l’antisémitisme. On a, en plus, toujours aujourd’hui, l’heure pour sauver la planète. Je pourrais faire un billet pour me foutre de la gueule de ces braves militants qui pensent sincèrement améliorer le monde par leurs gestes symboliques. Il faut suivre. Et je ne peux pas me moquer : j’adhère. Par exemple, hier, je n’ai discriminé personne en raison de se race, d’autant que les races n’existent pas. J’espère tout de même qu’ils vont mettre des bougies dans les bistros pendant l’heure où les lumières seront coupées, ce soir.

Vous me direz que j’ai l’esprit chafouin alors je vais redevenir sérieux pour boucler cette introduction et vous inviter à lire l’interview de Václav Smil, « l’un des plus grands spécialistes mondiaux de l’énergie », dans Marianne. Ce gars est au monde ce que Jean-Marc Jancovici est à la France, c’est vous dire.

 


Tiens ! Commençons par ce dernier, souvent décrié par les écolos officiels. Je l’ai toujours bien apprécié. En ce début d’année, il explique beaucoup pourquoi il faut réduire la part des villes mais aussi plein de chose (écoutez donc son interview plutôt que de lire n’importe quoi dans les blogs). Je cite les villes, ici (lisez son argumentation), pour bien montrer que les écolos font n’importe quoi, ce que je disais, notamment et néanmoins récemment, à propos de l’arrêt de la construction de l’A69 : c’est une mauvaise chose pour l’environnement car cela va pousser Toulouse à s’agrandir au détriment de patelins locaux.

L’écolo a le réflexe facile : les autoroutes, c’est pour les voitures, c’est donc mauvais pour l’environnement. Ne circulez plus, il n’y a rien à voir. En fait, c’est un sujet qui m’est assez cher vu que je bondis à chaque fois que je vois un écolo expliquer qu’il faut développer le transport ferré « de proximité », moi qui suis un grand utilisateur de moyens de transports régionaux (des cars…). Les rails « coupent » la nature tout autant que les routes et les trains sont assez lourds donc nécessitent une grande dépense d’énergie qui ne peut être compensée que si beaucoup de monde les emprunte (carbone). Or, mes cars sont généralement presque vides (heureusement quand même qu’il y a un service public) car les gens préfèrent prendre leurs voitures, pour des raisons bien compréhensibles.   

Toujours est-il que, comme Janco veni vidi vici, je suis un peu un écolo dissident ! Surtout si toutes les autoroutes mènent à Rome.

 


Revenons à M. Smil. Je vais tenter de résumer une partie de ses propos en quelques phrases désordonnées. Je ne parle pas du fait que le stagiaire de la réduction pourrait apprendre à faire des titres : « Les vérités qui dérangent sur le climat du plus grand expert mondial de l’énergie ». Je me fous un peu du climat de ce pauvre Smil… Je m’intéresse plus aux vérités du plus grand expert mondial au sujet du climat.

Que dit-il ? « Les gens ignorent la physique. L’éolien et le solaire échouent lorsque la nature ne coopère pas – leur intermittence les paralyse sans stockage massif ou solution de secours. » Ainsi, ces énergies coûtent plus cher que les autres tout simplement, en résumé, parce qu’il faut construire des centrales pour les moments où il n’y a ni vent ni soleil.

Par ailleurs, les énergies bas carbone, comme ils disent, nécessitent une grande quantité de métaux rares. « Les besoins matériels dépassent l’imagination. La décarbonation nécessite 600 millions de tonnes de cuivre – soit trente ans de production. Avec un minerai à 0,6 %, cela signifie déplacer 100 milliards de tonnes de roche. Les écosystèmes en souffriront. La Chine contrôle 90 % des terres rares, 65 % du cobalt, 60 % du lithium. L'AIE prévoit une demande de lithium multipliée par 40 d’ici 2040. Toute perturbation ou l’emprise chinoise pourrait tout ralentir. »

Lisez donc ! Je suis incapable de faire un résumé sans citer de larges extraits. « Plus de réalistes comprenant [le sujet] et 15 000 milliards de dollars par an pourraient faire évoluer le débat, mais pas nécessairement la politique. »

 


Pour moi, pourtant, la politique a un sens, ne serait-ce que pour mobiliser les acteurs, débloquer les fonds… Même si tout peut tomber à l’eau avec des élections dans quelques pays…

Cette semaine, Dominique Voynet « a été nommée mercredi au sein du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire. » Or, elle a toujours été opposée au nucléaire et a même menti à Lionel Jospin, au sujet de Super Phénix, quand elle était son ministre de l’environnement…

La nommer à la tête d’une instance sur le nucléaire revient à peu près au même que de nommer un antivax à la tête de celle pour l’éradication de la variole et de la rougeole réunies. Nos politiciens « centristes donc de droite voire d’extrême droite » font vraiment n’importe quoi en accordant la moindre confiance à certes…

 

Mais gageons que nos écolos franchouillards seront bien présents dans les manifestations contre le racisme, l’islamophobie et le fascisme. Peut-être parce qu’ils ont oublié leur combat depuis longtemps. Pauvre René Dumont…  

Quant à moi, je vais commander ma bière à 20h20 pour être sûr que si le fût tombe vide pendant l'heure de coupure d'électricité, le serveur y verra quelque chose, dans la cave, pour en mettre un nouveau en perce. 

Au moins, on aura agi !